
Anne-Valérie PINET veut rendre les choix de la Majorité municipale plus transparents et publics
Patrick LABAUNE, Député de la Drôme, ancien Président de l'OPHLM de Valence vous invite à lire l'intervention d'Anne-Valérie PINET, Conseillère Municipale d'Opposition de Valence.
L'élue est intervenue au Conseil Municipal du 5 novembre 2009.
L'OPH s'est de nouveau trouvé au centre des débats à l'occasion du vote d'une délibération établissant la garantie de la ville pour l'achat, par l'OPH, de logement avenue Victor-Hugo.
Monsieur le Maire, Chers collègues,
Lors du dernier Conseil d’Administration de l’OPH , j’ai pu entendre affirmer par certains de votre Majorité ou proche de celle-ci :
"Nous allons quadriller la ville de logements sociaux"
ou bien alors "Il faut mettre des logements HLM dans le quartier Victor Hugo pour contrebalancer les immeubles de haut standing achetés par ces Valentinois aisés et riches"
Monsieur TIXIER, vous vous êtes même érigé en Martin LUTHER KING du logement social : J’ai un rêve, avez-vous dit, celui de peser ainsi sur les loyers des bailleurs privés qui seront alors contraints de les baisser pour les aligner sur ceux des logements sociaux.
Le débat n’est pas celui de la nécessité d’une certaine mixité sociale dans la ville, mixité à laquelle notre Groupe n’est pas opposé car elle permet de tenter d’assurer un équilibre entre les populations et d’éviter de gheottiser des quartiers.
Le débat porte sur l’art et la manière de créer cette mixité sociale.
Il porte également sur votre conception dogmatique de cette mixité sociale.
Moi je vous réponds : NON les propriétaires de l’avenue Victor Hugo ne sont pas les « bling bling » bourgeois de Valence, NON les bailleurs privés dans cette ville ne sont pas que de riches propriétaires qui louent à des prix exorbitants.
Ces propriétaires ce sont, pour la grande majorité, des gens simples, des classes moyennes dont l’accession à la propriété a été bien souvent le fruit d’économies de toute une vie de travail.
Ces bailleurs ce sont, pour la grande majorité, des gens qui ont investi pour compléter une petite retraite.
Votre conception de la mixité sociale c’est l’effet sablier : le sable tombe mais ne remonte pas.
Vous faites descendre le nord de la ville dans le centre mais vous ne faites pas monter le centre vers le nord.
Aussi, pourquoi ne pas permettre également l’implantation d’immeubles de standing dans ces quartiers pour donner l’envie d’y vivre ou d’y rester.
Pourquoi ne pas lancer un vaste plan de rénovation des appartements alors que 500 logements demeurent vacants, pour la plupart en raison de leur grande vétusté ?
Sur la forme également, vous cultivez un grand secret autour de ces acquisitions en centre ville.
Vous achetez dans l’empressement pour masquer la réalité de votre politique aux Valentinois qui disposent du droit à en être informés.
Vous avez fait le choix d’acquérir au lieu de construire, choix qui en plus d’être considérablement plus coûteux, masque votre impossibilité à établir des grands projets de travaux de construction d’habitat social. On retrouve cette même impossibilité dans la politique menée par la ville de Valence.
Notre devoir d’élus est au contraire de rendre vos choix transparents et publics.
Pourquoi cachez vous ainsi que vous achetez les logements au Terrasses de WELIA ou au Terrasses de CRUSSOL 30% moins chers que le prix de commercialisation offert aux accédants privés ?
Ainsi vous contribuez à dévaluer le patrimoine de propriétaires, souvent modestes, que j’ai évoqué précédemment.
Enfin, sur le coût de ces opérations, plusieurs interrogations demeurent sans réponse :
Depuis avril dernier, le coût total des acquisitions immobilières de l’OPH dépasse déjà les 7 millions d’€uros.
Ce financement est pour sa quasi-totalité assuré par le recours à l’emprunt. Quel sera le coût total du crédit ?
Pour le seul exemple des Terrasses de WELIA, pour lesquelles vous empruntez sur des durées excessivement longues de 40 et 50 ans, le coût du crédit sera a minima de plus de 1,6 millions d’€uros sans tenir compte du taux de variation du taux d’intérêt assis sur la progressivité du livret A.
Qui va supporter le poids énormes des charges de copropriété dans ce type de résidence avec piscine et espaces verts ? Allez vous en faire cadeau aux locataires ? Leur répercuter la totalité de ces charges qui seront souvent équivalentes voire supérieures au loyer ? L’OPHL va-t-il alourdir ses dépenses en les prenant à sa charge ?
Vous avez déjà considérablement alourdi les charges d l’ensemble des locataires en les augmentant, allez vous ainsi mutualiser le règlement de ces nouvelles charges sur tous ?
En définitive, le coût estimatif de ces acquisitions pléthoriques est peu clair.
Pour toutes ces raisons, notre Groupe votera contre cette délibération.
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